Peter Vinding-Diers

Peter Vinding-Diers
Je connais Peter et Susie Vinding Diers depuis près de trente ans et leurs deux fils ainsi que leur cousin Peter Sisseck du renommée Pingus, tous des vignerons talentueux. Peter a fait du vin partout dans le monde et a maintenant choisi la Sicile comme sa nouvelle résidence. À part d'être un expert sur les souches de levure, il est connu pour les vins qu'il a fait en Afrique du Sud, Bordeaux et en Hongrie. Il est également membre fondateur de la Royal Tokaji Wine Company en Hongrie, qui produit des vins liquoreux fabuleux. Quand j'étudiais pour l'examen de Master of Wine, il était un grand mentor pour moi.

En 2005, Susie et Peter ont acheté un petit coin de nature sauvage avec quelques oliviers mal entretenues et des amandiers lacérés. Pour vous décrire la propriété, je cite Peter:" Montecarrubo est une partie d'un volcan, éteint il y a deux millions d'années. La moitié de la parcelle semblait prêts à planter, mais l'autre moitié était pleine de gros rochers. Le terroir était un pâturage qui avait été brouté pendant des centaines d'années. Néanmoins, le lieu est parfait. Face à la mer Ionienne à l'est, la terre y descend doucement vers l'eau, tandis que si vous regardez vers le nord, l'énorme cône de l'Etna surplombe les citronniers des voisins puis à l'ouest un long canyon profond, avec des oliviers sauvages sur les pentes. Le sud est dominé par un village de montagne étendu sur la chaîne de montagnes Iblea au sommet d'une grotte, qui avait fourni le calcaire pour les maisons du village dans le passé. Le mer souffle des brises fraîches. C'est le Gregale venant de Sibérie mais en fait originaire de la Grèce. Même pendant les jours les plus chauds en juillet et août, il permet de rafraîchir la propriété, parfait pour un vignoble!

Le sol était un autre point important pour pouvoir planter un vignoble optimal ici. Loess, argile volcanique délavée, mélangée avec du calcaire sur une base calcaire, et à l'ouest, les restes d'un récif corallien. Il y a deux millions d'années, notre volcan était au milieu d'une mer tropicale, mais les recherches nous montrent qu'il s'agissait d'un volcan d'eau douce. Le pH est de 7,5 et nous avons creusé un trou d'environ 130 mètres pour obtenir deux litres d’eau par seconde, propre et potable. Nous avons nettoyé une hectare et demi sur les terres rocailleuses où le sol était profond et riche en humus et oxygène: c'est le bon endroit pour planter notre vignoble de Syrah.

La syrah, car elle se porte tellement bien sur l'île, et, en outre, notre ami Pierre Marie Guillaume nous a fourni un merveilleux multi clone, spécialement sélectionné et greffé pour nous. Les vins se comportent différemment que n'importe quelle autre Syrah que nous avons goûté ici; riche en minéraux, très pur avec des rappels d’herbes sauvages dans nos allentours et de leur propre terroir. Nous avons fermenté ces vins sur leur propre levure (ce qui est une partie énorme de n'importe quel terroir) et nous les gardons à l'écart des autres vins que nous obtenons des vignobles loués. Nous avons planté à un espacement de 1,40 x 1,40 ce qui nous donne environ 5 000 pieds par hectare. Les vignes sont plantées en gobelet, ce qui implique plus de travail, mais donne aussi une meilleure qualité. Nous les travaillons à la main, mais utilisons un tracteur pour la cultivation. Nous utilisons également les principes de la culture biodynamique car nous croyons aux résultats que vous obtenez lorsque vous respectez la nature: une résistance plus forte aux maladies, des saveurs concentrées et des troncs de vigne solides.

Nous utilisons des fûts en chêne de 225 litres que nous achetons chez un Grand Cru Classé à Bordeaux, ensuite nous utilisons aussi des demi-muids de 600 litres que nous recevons d'un grand tonnelier à Pomerol. Au cours de la maturation, les différents tonneaux nous donnent des résultats différents, qui après quelques mois deviennent très visibles. C’est pourquoi nous jouons avec les différents lots de vin pour trouver les aspect du goût que nous voulons. C'est un travail très excitant et parfois - quand tout va bien - ça donne une grande satisfaction. Les vins prennent leurs temps et se développent au fil des années, alors que l'huile d'olive que nous fabriquons à partir de nos arbres séculaires est une autre histoire. Nous récoltons les olives à la main et les emmenons au moulin chaque jour vers midi. Le meunier les écrases et après quelques heures de dur labeur il vient vers nous en tenant une grosse tranche de pain de campagne sur laquelle il verse l'huile fraîche. Puis nous saupoudrons avec quelques grains de sel de mer et là il est temps de tirer le bouchon de notre nouveau vin. Maintenant, tout le monde au moulin nous sourit et ils nous saluent d’une signe de tête. La bouteille est vide, l'huile dégoutte et nous élevons tous nos verres à la nouvelle récolte...
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